Né à Blankenberge le 31 juillet 1889, Frans Masereel s'installe à Gand en 1896, où il commence à étudier à l'École des Beaux-Arts dans la classe de Jean Delvin à l'âge de 18 ans. En 1909, il voyage en Angleterre et en Allemagne, qui lui inspirent ses premières eaux-forteset gravures sur bois. En 1911, Frans Masereel s'installe à Paris pour quatre ans, puis, durant la Première Guerre Mondiale, il émigre en Suisse, où il travaille comme graphiste pour des journaux et des magazines. Sa série de gravures sur bois, expressionniste et qui a pour thème la critique sociale, fait de lui quelqu'un d'internationalement reconnu. Parmi ses travaux de cette époque, on peut citer La Passion d'un homme (1918 ), Mon Livre d'heures (1919 ), Le Soleil (1919 ), L'Idée (1920 ) et Histoire sans paroles (1920). À cette époque, il fait aussi des illustrations pour des œuvres de Thomas MannÉmile Zola ou Stefan Zweig. En 1921 Masereel revint à Paris, où il peint ses célèbres scènes de rue, les peintures de Montmartre. Il vit pendant un temps à Berlin, où son ami le plus proche est George Grosz. Après 1925, il réside près de Boulogne-sur-Mer, où il peint des zones côtières, des ports, et des portraits de marins et de pêcheurs. Pendant les années 1930, il réalise moins d'illustrations et de gravures. En 1940, il quitte Paris et séjourne dans plusieurs villes du sud de la France.

Après la Seconde Guerre mondiale Masereel reprend la gravure et la peinture tout en devenant professeur à la Hochschule der Bildenden Künste Saar (de) de Sarrebruck. En 1949 Masereel s'installe à Nice. Jusqu'en 1968, il crée plusieurs séries de gravures sur bois qui diffèrent de ses «romans dans l'image » et sont plutôt des variations sur sujet au lieu d'être un récit continu. Il conçoit également des décors et costumes pour de nombreuses productions théâtrales.

Frans Masereel est mort à Avignon en 1972 et est enterré à Gand. Sa seconde épouse Laure Malcles, née en 1911, est décédée en 1981.

Il a donné son nom à l'organisation culturelle Masereelfonds.

 

Masereel participa à l'illustration de la revue de la Jeunesse communiste allemande dans les années 1920. De façon générale, nombre de ses gravures sont teintées d'anticapitalisme. Il illustra notamment BaudelaireVerhaerenMaeterlinckKiplingBlaise Cendrars, ainsi que Pierre Jean Jouve et Romain Rolland dont il partageait les convictions pacifistes.